Un petit roman…

Pour le week-end.

En ce vendredi, je mélange les genres et je vous propose un billet un peu différent sur ce blog. Mes billets de lecture sont d’ordinaire réunis sur mon blog de lecture ( c’est logique, n’est-ce pas ?), mais cette année, Price Minister proposait un roman de la rentrée littéraire en échange d’un billet de blog, quel que soit le contenu du blog.
J’ai donc choisi de lire Esprit d’hiver avant de vous en parler entre deux billets culinaires.
Mais après tout, tout cela fonctionne assez bien ensemble. Un bon gâteau, une tasse de thé et un bon livre, quoi de mieux pour une après-midi tranquille ?

 

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Holly est mal réveillée.
En ce matin de Noël, le réveil n’a pas sonné et il est déjà 10h quand elle sort de son lit.
Tandis que son mari file en vitesse à l’aéroport chercher ses parents, elle se lève sans trop savoir par quoi commencer.
Il lui faut préparer le déjeuner avant l’arrivée des invités, mettre la table, s’habiller et apparemment, il lui faut aussi réveiller sa fille qu’elle n’entend pas s’agiter dans la maison.
Mais une pensée l’obsède depuis le réveil, une pensée qu’il lui faut noter avant qu’elle ne disparaisse, une pensée qui s’est manifestée juste avant le réveil et qui risque de disparaître si Holly ne la fixe pas, une pensée inquiétante, une menace qui pèse sur sa famille…

Ce roman démarrait bien avec un début pareil.
Le résumé était alléchant et je m’attendais à lire un bon thriller bien conçu, avec des fausses pistes, des menaces et une résolution finale qui explique tout.
Oui, mais voilà, ce ne fut pas le cas.

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Je crois que la raison principale réside dans ce brouillage des genres.
Il me semble que ce roman souffre d’un mélange des genres un peu déstabilisant pour la lectrice que je suis.
Je croyais lire un thriller, et je me suis retrouvée dans un roman psychologique, un huis clos entre deux personnages (ou trois ?).
Ce changement de direction m’a déstabilisé et je ne savais plus ce que je devais attendre du roman.
Mes attentes était déçues, et dès la page 80 j’ai attendu qu’il se passe quelque chose, que la fin arrive.

Malgré cela, les pages de ce roman se sont tournées sans difficulté.
Je ne me suis pas forcée pour le finir et j’avais tout de même hâte de connaître la fin.
Du coup, j’aurais aimé que l’histoire s’accélère dans la dernière partie, mais là encore, je crois que j’étais restée sur mon idée de thriller.
Comme ce roman n’en est pas un, il fonctionne nécessairement autrement.

Mais parlons un peu de la fin (sans la dévoiler évidemment).
Je ne sais pas si je lis trop de polar et de thriller mais je l’avais deviné.
Il y a donc eu peu de surprise à découvrir ce que Laura Kasischke avait imaginé.
Les reprises incessantes que fait l’auteur finissent par être agaçante et sont trop visibles dans le fil du récit.
Les grands yeux de Tatiana, l’insistance sur la description de sa fille bébé, la blancheur bleutée de sa peau, son odeur de shampoing, tout cela obsède Holly, je le conçois, mais ce sont également des panneaux affichés trop souvent à mon goût.
Je n’insisterai pas non plus sur l’obsession de Kasischke pour le shampoing L’Occitane mais j’espère qu’elle en a reçu un plein carton pour leur faire une telle publicité.

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Finissons tout de même sur une note positive.
Le récit de Holly en ce jour de Noël alterne avec des moments de réminiscence où elle se souvient de ces deux voyages au cours desquels elle a découvert la Sibérie et les orphelinats russes.
Le choc culturel est logiquement brutal entre ce couple d’Américains moyens et une réalité froide et distante où les enfants sont une marchandise comptable qui doit arriver sans défaut auprès de ceux qui l’ont payé.
Mais Holly se souvient également de l’origine de cette adoption.
Les femmes de sa famille ayant toutes souffert de la même maladie, elle a opté pour un choix radical, ce qui l’a obligé à se tourner vers l’adoption.
Ce choix médical me semble pour l’instant assez américain, mais il fait tout de même réfléchir et l’on ne peut que s’interroger sur ce que l’on choisirait dans une situation analogue.

En bref, je dirais que si vous connaissez déjà Laura Kasischke, si vous aimez les romans psychologiques, les huis clos un peu angoissant, ce roman pourrait vous plaire.

Pour ma part, et puisqu’il faut mettre une note, je mettrais un 12/20.

Ce billet contient beaucoup de « je », car il présente mon point de vue ultra personnel.
Il y a évidemment des blogueurs et beaucoup de lecteurs qui ont aimé alors n’hésitez pas à vous faire votre propre idée.

Je remercie Oliver et Price Minister /Rakuten pour l’envoi de ce roman.

 

 

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